Plumes d'Anges

Atelier d'écriture, prose et poésie
 
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 Inlandsis

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Elodie
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MessageSujet: Inlandsis   Mar 3 Oct - 1:38

Chapitre 1:
Pat ferma la porte et décrocha le téléphone. Ensuite se produisit le plus extraordinaire et invraisemblable évènenement. Une petite créature verte apparut face à lui. Elle était assise sur la table et le regardait avec un énorme sourire. Elle faisait environ trente centimètres de haut et possèdait une tête réellement très imposante. Ses yeux, tout comme ses oreilles pour tout dire, étaient gigantesques. Plus particulièrement, ceux-ci formaient deux globes verts foncés au fond desquels pétillait l'intelligence. Sa bouche était également au-delà de tout ce qu'on peut imagineret l'immense sourire qu'elle dessinait avait comme un air de sournoise ironie. En comparaison de sa tête, le reste de sa personne, corps bras et mains, étaient ridicules. Cependant, ses longs doigts se terminaient par de grosses ventouses: quatre à chaque main. Enfin, à l'extrémité de ses très courtes jambes, deux énormes pieds se balançaient doucement. Pat était muet de surprise et d'incompréhension. Quand finalement, recouvrant sa voix il demanda en un unique souffle:
« Qui es-tu? Qu'es-tu? Que fais-tu ici? »
La petite créature verte le fixa droit dans les yeux, haussa les épaules doucement. Son sourire, de gigantesque qu'il était, s'agrandit encore. L'étrange visiteur de Pat sauta alors sur ses pieds au bas de la table, et marcha lentement vers la porte. Il la poussa légèrement et quitta la pièce dans un grand éclat de rire. Après un court instant de perpléxité, Pat ferma la porte et décrocha le téléphone.

Chapitre 2:
Pat ferma la porte et décrocha le téléphone. Il contempla une nouvelle fois son ordinateur mécanique: il était enfin achevé. C'était un assemblage de poulies, de cristaux, de cordes: un pendule géant extrêmement complexe. La lumière scintillait et se divisait par les faces des cristaux. C'était un spectacle magnifique et magique. Pat voulait appeler le Professeur pour lui annoncer cette incroyable nouvelle: un ordinateur sans un gramme de métal! Il permettait de calculer les trajectoires des corps célestes et Pat seul sait quoi encore. C'était un achèvement, un aboutissement tel pour Pat qu'il avait du mal à cacher son excitation.
C'est alors que se produidsit le plus extraordinaire des évènements...à nouveau(?!?). Oui c'était bien la même créature verte avec ses grands yeux verts moqueurs, ses ventouses aux doigts et son sourire narquois. Assise sur l'une des extrémités du pendule, ses énormes pieds se balançaient doucement dans le vide. Et peu à peu, son poids faussait l'ordinateur mécanique et le rapprochait inexorablement du sol de plus en plus vite. Et le magnifique pendule se déquilibrait très lentement puis plus vite. Pat était sidéré par l'apparition tellement qu'il ne put faire un mouvement et contempla le fruit de son labeur entrer en collision avec le sol et se répandre dans l'intégralité de la pièce. La créature verte se retrouva assise au milieu de ce cafarnaum de cristaux et de poulies, son plus grand sourire déformant ses lèvres vertes.
Alors d'une voix nasillarde, l'être, levant un doigt d'un air docte, parla:
– « Le désenchevêtremeent expansif est généralement le symptôme certain d'une altitude de centre de gravité légèrement trop élevé ».
Sur ces bonnes paroles, le petit être vert se hissa sur ses pieds, agrandit encore son sourire sournois, et fixa Pat avec une lueur malsaine et moqueuses au fond de ses grands yeux verts foncés. Il se dirigea vers la porte, l'ouvrit et sortit dans ungrand éclat de rire. Pat sous le choc mis plusieurs minutes à reprendre ses esprits. Il cligna plusieurs fois des yeux pour s'assurer des évèenements. Il lui fallait prévenir le Professeur: seul lui le comprendrait. Pat ferma la porte et décrocha le téléphone.

Chapitre 3:
Pat ferma la porte et décrocha le téléphone. Caché derrière ses lunettes qui lui donnaient un air sérieux, il se répétait encore ce qu’il allait dire à son interlocuteur. Il avait tellement peur que celui-ci ne le croit pas. C’était si incroyable il est vrai. Mais Pat s’était résolu à le faire : cette créature verte avait gâché sa vie par ses apparitions intempestives. Et voilà qu’il tombait sur ce roman « Martiens, go home ! » de F. Brown. Ce que l’auteur y raconte ressemble tellement à son aventure à lui que Pat avait passé les derniers mois à trouver un moyen de le joindre. Et aujourd’hui enfin il avait le numéro de téléphone : il allait pouvoir appelé.
Pat commença à composer le numéro, il était aux aguets mais rien ne se passa. Soulagement. Pas de créatures vertes pour le moment. Tonalité : ça sonne. Patience : la vie est belle, calme, et ordinaire. Pat se récite une ultime fois ce qu’il va dire à son interlocuteur. Tonalité. Tout est normal. Ça sonne toujours. Pat vérifie que le décalage horaire va être bon : il ne faudrait pas réveiller l’auteur non plus. Ça sonne encore. Pat commence à se demander si c’était une bonne idée de téléphoner. Tonalité. Oui vraiment mauvaise idée. Pat se concentre sur la tonalité, ferme les yeux. Un déclic. Une voix lui répond. Tiens ! Cette voix me rappelle quelque chose se dit Pat.
Pat ouvre les yeux, les cligne, fait le point. Stupéfaction. Ça c’est vraiment le plus extraordinaire des évènements. Pat n’est plus chez lui. Tout ici est… vert. Dans toutes les teintes de verts possibles et imaginables : du vert pâle des murs au vert foncé du mobilier. La lumière…verte. La fenêtre … verte. Le ciel … vert. D’autres maisons … vertes. Des espèces de voitures aériennes … vertes !
Un toussotement attire alors l’attention de Pat. Là, à ses pieds, c’est bien elle. Pat soupire. La créature est bien là, debout, son plus gigantesque sourire sur les lèvres. C’est à ce moment précis que le désespoir envahit Pat. La créature s’approcha alors de Pat, saisit, sans mot dire, le pendant de son pantalon et exerça une pression pour le faire avancer. Pat leva alors les yeux au ciel … vert au dessus du plafond vert translucide. Il ferma ensuite les yeux et s’exécuta.
Il sentit alors la pression sur son pantalon diminuait et disparaître. Pat osa un regard vers la créature, vers ses pieds finalement. Elle était toujours là à le fixer de ses yeux malicieux et … oui … c’est bien ça … le sol … il est …gris ! Pas vert ! GRIS !!! Pat jubilait mais la créature était toujours là. Sourire aux lèvres, malice au fond des yeux, elle haussa les épaules, ouvrit la porte et sortit dans un rire de joie et de méchanceté mêlées.
Des vacances ! Il avait besoin de longues vacances ! Pat ferma la porte et décrocha le téléphone.

Chapter 4:
Pat ferma la porte et décrocha le téléphone. Il avait fermé les yeux. Son sang battait si fort à ses tempes qu'il avait du mal à rester conscient. Quelque chose lui disait que cette chose: la plus extraordinaire qui peut arriver, allait advenir à nouveau. Et il ne voulait pas voir ça. Pas encore. Il était fatigué. Il garderait les yeux fermés et ça passerait.
Tout le monde le prenait pour un fou. "Cette créature n'existe pas! C'est ton imagination" criaient-ils tous avant de lui conseiller d'aller voir un médecin, compétent pour ce genre de troubles. Bel euphémisme... Ils le croyaient fou voilà tout. D'ailleurs, Pat ne pouvait pas leur en vouloir. Sans avoir vu, de leurs yeux vu, ça paraissait invraisemblable. Une créature verte et disproportionnée avec un sourire mauvais et sarcastique. Elle avait tellement déstabilisé le cartésien Pat qu'il avait développé une aversion terrible à la couleur verte.
Les yeux clos, Pat respirait à fond pour se calmer. Inspirer. Expirer. Chasser les inquiétudes. Inspirer. Respirer. La créature n'existe pas. Inspirer. Expirer. Rien ne va se passer. Inspirer. Expirer. C'était quoi ce bruit? Inspirer. Expirer. Des pas saccadés et rapides. Inspirer. Expirer. Un courant d'air sur la nuque. Inspirer. Expirer. Un grincement de porte. Inspirer. Expirer. Je suis seul. Inspirer. Expirer. Foutue Imagination. Inspirer. Expirer. Encore des pas, plus proches. Inspirer. Expirer. Effleurement. Inspirer. Expirer. Non! Il n'y a rien. Inspirer. Expirer.
-"Tu es sûr?" demanda une petite voix nasillarde.
Pat manqua une respiration et lâcha le combiné du téléphone qu'il serrait jusque là comme une bouée: ultime secours, dernier lien avec la réalité. Stupeur. Frayeur. INSPIRER! EXPIRER!
-"Oui , t'as raison: je ne suis pas là" continua la voix. Elle provenait quelques centimètres au dessus de la table.
-"Vraiment?"
-"Je sais pas. Est-ce que j'existe? Je pense donc je suis disait le philosophe... Est ce que je pense? Est-ce que je suis? Est-ce que je suis une petite créature verte qui te rend visite? Allons l'ami: aide moi!"
-"Oui... Non... Je ne sais pas... Je..."
Anéantissement total de l'esprit. Pat sentit alors une pression sur son bras. Puis une autre un peu plus loin. Ca remonte. Intermittente pression. Ce sont... ça ressemble à... des pieds... Non! Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer.
La pression arriva sur l'épaule. Et Pat entendit un murmure:
-"Sans rancune très cher! Garde bien les yeux fermés."
Puis un rire étouffé. Plus de pression sur l'épaule. Choc au sol. Pas qui s'éloigne. Grincement de porte. Courant d'air. Pas. Grand éclat de rire. Nouveau grincement. Pat entrouvrit alors les yeux.
-"BOUH!" dit la voix sur la table.
Pat sursauta... Sur la table du téléphone... Il y a... C'est incroyable.... Mais .... C'est impossible.... Il y a .... RIEN! Soupir de soulagement. Pat ferma la porte et décrocha le téléphone.

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La pensée vole et les mots vont à pied. Voilà tout le drame de l'écrivain.
Julien Green
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