Plumes d'Anges

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 Proposition n°3

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Elodie
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MessageSujet: Proposition n°3   Mar 3 Oct - 1:54

Voici la 3ème proposition. Désolée pour le retard. Embarassed

Il s'agit d'une image, ce qui vous laisse une totale liberté d'interprétation.



Bonne écriture Wink

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La pensée vole et les mots vont à pied. Voilà tout le drame de l'écrivain.
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Dernière édition par le Mar 3 Oct - 2:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Proposition n°3   Mar 3 Oct - 1:56

ArchaeL a écrit:
Issue de secours ...

"plic ... ploc ... plic ... ploc ..."
Combien ? Deux ? Trois jours qu'il erre sans but dans cette pénombre ? Sans vivres ni eau, ses réserves naturelles s'épuisent et il n'en voit toujours pas le bout ...

"plic ... ploc ... plic ... ploc ..."
Et ce bruit qui revient sans cesse lui rappeler sa soif ! L'air empeste la pourriture. Sa raison commence à l'abandonner, encore lui aurait-on laissé ses armes, il serait rassuré, mais là non ! Rien à quoi se raccrocher ...

"plic ... ploc ... plic ... ploc ..."
Il sent bien qu'il n'en sortira pas vivant, mais il sait qu'il lui faut continuer s'il veut sauver les siens ...

[flashback]
C'était un matin printanier, la garde royale était venue au lever du jour, emmener ses fils aux cachots. Il avait implorée la pitié de sa très grâcieuse majesté la Reine Noire ... Peine perdue, en trente-sept ans de règne, elle n'avait jamais fait preuve de clémence ... "Tu veux sauver tes fils ? Tu as sept jours pour sortir du LABYRINTHE ! Après quoi ils seront vendus au marché aux esclaves!" Lui avait-elle répondu ...

"plic ... ploc ... plic ... ploc ..."
Maintenant c'est sûr, il devient fou ... Combien ? Deux ? Trois jours qu'il erre sans but dans cette pénombre ? Sans vivres ni eau, qu'il marche jour et nuit sans jamais s'arrêter. S'il s'endormait, celà pourrait bien coûter la vie à ses fils ...

"plic ... ploc ... plic ... ploc ..."
Il ne les entends plus ces sons odieux qui lui donnaient soif il n'y a pas deux heures encore ... Il commence à halluciner, il en est sûr !

"plic ... ploc ... plic ... ploc ..."
Une lueur, là, au bout de ce couloir ... Quoi ? Deux, trois kilomètres ? Il avance vers cette lueur tout en réfléchissant ... Combien ? Deux ? Trois jours qu'il erre sans but dans cette pénombre ? Qu'avait donc dit la Reine Noire ? Sept jours ! Impossible que cette chienne, cette raclure boursoufflée de cruauté lui ait laissé une telle chance de sauver ses fils aussi simplement ! La lueur commence à prendre forme, c'est une porte ... Plus que deux cent mètres ... Et si c'était un piège ? Sept jours a-t-elle dit ... Combien ? Deux ? Trois jours qu'il erre sans but dans cette pénombre ? Non ! il ne se laisserait pas prendre à un piège aussi simple. Il la discerne parfaitement maintenant cette porte, ces sombres pavés qui recouvrent ce sol maudit ... Plus que cinquante mètres ... Un autre couloir à gauche ... Non, il ne tomberait pas dans ce piège si simple, il tourne et s'enfonce à nouveau dans les ténèbres, à la recherche de la vraie sortie ...

A quelques mètres de là, un garçonnet demande à son grand frère : "Tu n'as pas entendu des pas dans ce couloir ? Cela ne pourrait-il pas être père ?" Puis il fond en larmes, tout en demandant : "Pourquoi les pas s'éloignent-ils ?"

ArchaeL

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MessageSujet: Re: Proposition n°3   Mar 3 Oct - 1:57

Mwa a écrit:
J'etais enfermée!
J'etais isolée!
C'etait ma bulle, mon monde a moi,
Tu t'es demandé pourquoi..

Tu as cherché a me connaitre
Allant jusqu'au plus profond de mon etre
Tu as compris mon mal-être,
Et as decider de me faire renaitre.

Je ne sais pas comment te remercier,
Car grace a toi j'ai su exterioriser,
Toutes ces souffrances,
Que j'avais en moi depuis mon enfance..

Tu peux etre fier,
C'est toi qui m'as fait revoir la lumiere.
Tu as su m'apprivoiser,
Ce qui n'etais pas chose aisée.

Tu m'as liberée,
Le jour ou tu m'as aimée.
Depuis je ne suis plus soucieuse,
Simplement heureuse.

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MessageSujet: Re: Proposition n°3   Mar 3 Oct - 1:58

Page Blanche a écrit:
Voila déja plusieurs mois que j'erre dans ce monde. Mais quel est-il? Je me souviens de rires, de paroles, d'amis, puis, une sensation de douleur, une violente douleur. Après ça, les pleurs.
Depuis quelques jours, je me suis familliarisée avec cet endroit. J'entend des voix, on parle de voiture, d'accident, de moi. On parle également d'amélioration. Qu'est ce qui s'améliore?
Au début, je voyait le noir complet, puis une lumière est apparue. Aujourd'hui, je vois une porte éclairée, le sol est mouillé, il faut que je fasse attention de ne pas tomber, je n'aurais pas la force de me relever.
Nouveau jour, la porte est là, à un pas. J'entend une voix:
_Profite de la vie!
Je me réveil. J'ouvre les yeux, il fait beau dehors, un grand soleil. Là je comprend que le noir, c'est la fin de la vie.

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MessageSujet: Re: Proposition n°3   Mar 3 Oct - 2:00

Alir a écrit:
La porte des rêves

— La porte des rêves. Lorsqu’on se réveille, on la referme. Et avant, on a dû l’ouvrir, pour s’endormir, pour rêver ou peut-être, malheureusement, cauchemarder. Rares sont ceux qui la voient, ou même qui en connaissent la présence. Moi, je l’ai vue. Et ce jour-là, j’ai cauchemardé.
« J’ai voyagé à travers ce monde de l’inconscience. Je me suis battu contre des monstres, comme dans tous mes rêves, mais mon sommeil a duré trop longtemps, et alors que la porte se rapprochait, pour me réveiller, mon dernier combat m’a privé de mes yeux. Immédiatement, je suis ressorti, mais le mal était fait…
« Cette porte des rêves était le soleil, et ma nuit était une éclipse.
L’homme se pencha vers son fils, car bien qu’il fût aveugle, il en ressentait sa présence. Et d’un ton doux, posant un doigt sur chacune de ses paupières, il murmura :
— Comprends-tu à présent pourquoi il faut garder ces lunettes spéciales pendant cette éclipse ? Je suis sûr que tu ne veux pas me ressembler.
Et, ce disant, il se releva. Son fils, enhardi par la dernière phrase de son père, retira les lunettes, et observa avec une extrême concentration le soleil, qui venait de reparaître. Puis un cri déchira l’air, et tous alentour se retournèrent vers cet enfant, qui s’époumonait de plus belle.
Son tuteur comprit, horrifié. Il voulut tourner son enfant, bien qu’il sût que c’était trop tard… Ces mots résonnèrent en lui, comme un écho dans une grotte. « Trop tard… »


Aujourd’hui, ce fils s’est suicidé, une dizaine d’années après la perte de sa vue. Il a jugé que son handicap ne méritait pas qu’il reste en vie.

Papa… Tu m’as menti… On ne devient pas aveugle dans un rêve. On ne peut l’être. La cécité n’a court qu’en ce bas monde. Ici, je la vois, la porte des rêves. Quoiqu’il s’agisse plutôt de celle de ma mort.
Il rit. D’un rire nerveux. Et pourtant, la peur lui noue la gorge, lui broie le ventre, lui étreint les poumons…

Il pleure. Sur une chaise, dans la salle d’attente de l’hôpital. Son fils… Tentative de suicide... Il n’en revient pas. Serait-ce parce qu’il était aveugle ? Et tout ça de sa faute, à lui, son père ! S’il ne lui avait raconté cette histoire, l’année de ses neuf ans, le jour de l’éclipse solaire totale, il ne le serait pas… A bien y réfléchir, peut-être n’était-ce que sa dernière parole, qui l’y avait poussé ?
« Je suis sûr que tu ne veux pas me ressembler. » Il étend un sourire. Un sourire qui lui fait mal, qui lui ronge les mâchoires, la gorge… Un sourire ironique, ironie noire.
Suis-je bête… Evidemment, qu’il souhaitait me ressembler. Il me le disait. « Papa, tu es mon modèle ! Plus tard, je serai comme toi ! Un grand professeur ! Une grande personne courageuse ! »

— Trois cents volts ! Immédiatement !
Il presse les mâchoires de la machine sur son corps, qui rebondit, puis qui s’étend. Désespérément. Cela fait plusieurs minutes qu’ils essayent de le réanimer. Mais rien à faire, ils le perdent.
— Trois cents cinquante ! beugle-t-il, des gouttes de sueur sur le front.
Sans commentaire, bien que l’obstination du médecin intrigue toute son équipe, les volts sont envoyées. Nouvelle pression. Nouveau saut. Nouvelle droite plate à l’écran. Désespérément.
— Quatre cents !
Cette fois, la ligne oscille, hésite à redevenir droite, remonte pour redescendre… Tout le monde, dans le box, retient son souffle. Pendant dix secondes, vingt secondes… Et ils se relâchent, soulagés. Le patient revit. Mais il continue de dormir d’un sommeil de plomb. Un sommeil bien trop comateux pour ne pas être considéré comme tel.

Quelques picotements lui parcourent le corps tandis qu’il avance vers la lumière, éblouissante de blancheur. Enfin il y parvint, il la pousse… et reste sur le seuil, pantois. Il n’y a rien devant lui. Du vide. Du vide, mais blanc. Il hésite à avancer, craignant de tomber. Il pose un pied devant lui et, voyant qu’un sol le retient bel et bien, il s’engage. Dix mètres. Vingt mètres.

Depuis combien de temps attend-il, assis, attendant désespérément que l’on vienne le chercher ? Une heure, ou deux ?
— Monsieur Eblaña ?
Enfin ! Il relève la tête, et dans ses yeux d’un noir intense, par lesquels il ne peut plus rien voir depuis désormais trente ans, l’infirmière voit qu’il a pleuré toutes les larmes de son corps… Puis elle comprend qu’elle s’est trompée ; elles ne se sont pas encore taries. S’arrachant à cette triste constatation, elle continue :
— Monsieur Eblaña, il n’est pas mort… (Et, avant de lui laisser le temps d’un soupir de soulagement : ) Il est dans le coma.
Il la regarde, du moins en a-t-elle l’impression, comme pour supplier que ce ne soit pas vrai. Mais elle ne peut lui mentir. Elle lui propose de venir le voir dans sa chambre, où on le maintient en vie. Il se lève, et se fait guider. Puis il s’assied sur un tabouret, et sent la présence de son fils. Comme lorsqu’il était vivant. Il y a encore de l’espoir. Alors il se penche, lui murmure quelque chose à l’oreille, puis se remet à pleurer.

Des sons, comme des claquements de porte, des bruits de pas et de paroles lui parviennent tamisées. Il en cherche la provenance, mais pas moyen, les personnages de cette scène sont introuvables.
« Pourquoi as-tu choisi la porte de la mort, au lieu de revenir sur tes pas pour prendre et refermer celle des rêves ? »
C’est son père qui lui parle, il en est sûr. Il s’arrête et verse quelques larmes en y songeant. Il sait que ça lui fait de la peine de le voir s’en aller ainsi… Mais lui ne supporte plus la situation. Soudain, il sent de l’eau qui lui tombe dessus, pourtant il n’y a pas de pluie, pas plus que de nuages à l’horizon. Puis encore des gouttes, et encore, et encore. De plus en plus, et ça ne se tarit pas.
Enfin, après avoir erré ce qui lui semble des heures durant, une porte lui apparaît. A l’opposée de l’autre, elle est de ténèbres, entourée par la lumière. Il songe que c’est peut-être celle qu’il a franchie tout à l’heure… Mais tant pis, il n’a d’autre issue. Il s’y engage.
Aucune pensée ne le traverse plus, jusqu’à ce qu’il ait passé la porte. Et aucune pensée ne lui sera plus donnée.

Il se relève soudain, envoyant le tabouret sur lequel il était encore assis dix secondes auparavant à terre. Le visage de son fils est barbouillé de ses pleurs.
Sa présence, il ne la sent plus. Il sait se que ça signifie. Ainsi il n’a pas choisi la porte des rêves, même après son intervention. La grande faucheuse l’a emmené, par la porte finale, ténébreuse. Elle a été plus persuasive que le père.
D’une main tremblante, il recouvre le visage de son fils du drap blanc. Puis il part en courant de l’hôpital. Il ne veut plus jamais en entendre parler.

Loin, très loin de là, une étoile explose.
Sa lumière, pourtant, ne s'éteindra que dans une dizaine d'années...


Dix ans plus tard, monsieur Eblaña mourut. Une étoile explosa, à nouveau. Mais sa lumière n'était pourtant déjà plus visible sur Terre depuis la mort de son fils.

Seul son fils pensait à lui. Seul lui pensait à son fils.

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MessageSujet: Re: Proposition n°3   Mar 3 Oct - 2:03

Alir a écrit:
Ange Gardienne

Je l’ai vue. L’Ange. Mon Ange. La gardienne qui peuple mes nuits, qui hante ma vie. Celle que l’on ne peut voir. Mais je l’ai vue. Elle était belle, sublime même. Elle m’est apparue, comme ça, sur le seuil de la chambre. Pouf ! Je n’ai rien vu venir, mais après, elle me faisait face. J’ai pu observer sa grâce et son charme. Elle était rousse, je crois, tirant sur le blond… Ou l’inverse, j’ai déjà du mal à me souvenir. Vite, je suis un bon portraitiste d’après mon entourage, je vais pouvoir user de mon talent à quelque chose d’utile pour une fois. Je saisis une toile, m’empare au vol de mes pinceaux et des couleurs avant de placer le tout sur mon bureau.
Bon, avant tout chose, il faut se la remémorer… Non, l’espace d’abord. La chambre, donc. Oui, mais si je veux le montrer à d’autres, ce tableau, ça risque de ne pas faire très sérieux, encore moins mystique ; pareil pour le carrelage de la mezzanine. Donc on va dire… un sol pierreux et la pièce… Oh ! disons que son aura empêche de voir derrière !
Et elle, comment était-elle encore ? Blonde/rousse, forte poi… non, non, de toute façon ça ne rendrait pas bien. Ses habits… Un jean et un pull-over. Faut bien avouer que c’est pas franchement mystique, ça non plus. Alors, disons un voile, non, une tunique blanche semi-opaque. Elle était jeune. En tout cas, elle en avait l’air ; ses mains étaient très féminines, ses doigts plutôt longs. J’ai vu ses yeux verts aussi, et elle avait un petit nez… Assez mignon je dois dire. Ses fines lèvres s’étiraient en un sourire. Elle avait mis du rouge à lèvres… Non, attends, je suis peut-être trop pressé. En avait-elle ? Oui, oui, maintenant je le vois nettement. Etait-elle blanche ou rose, sa peau ? Blanche. Rose. Mince, je ne me souviens plus. Je peindrai une couche de chaque, tant pis. Ses cheveux, longs, moyens, ou courts ? Longs, oui. Et ondulés. Ah ! Oui, et ses oreilles… elles étaient décollées. Ça ne va pas aller, avec son corps de rêve. Oh et puis zut ! Ça prouvera que même eux ne sont pas parfaits. Elle était pieds nus, aussi.
Allez, j’ai le tableau bien en tête, je le peins maintenant ! J’ajoute un petit effet de surbrillance sur les pavés, comme s’il avait plus. C’est toujours plus joli, et puis ça fait quand même plus mystérieux.

Le décor est fini, je vais enfin la peindre ! Je respire en soufflant bruyamment. Je ne voudrais pas déraper, ce serait une honte à sa beauté. Si je rate, je me pends de suite !

Je trace un dernier trait sur la toile avant de m’éloigner de trois pas pour observer l’œuvre. Eh ben ! Ça, c’est ce que j’appelle un chef-d’œuvre ! C’est ma plus belle réussite, à coup sûr. Je la laisse sécher, puis je la montrerai à ma femme et mes enfants.

— Tadaaam !
Je fais un pas sur le côté, dévoilant la toile à tous. J’étends immédiatement un large sourire en prévision des compliments qui bientôt fuseront. Mais j’ai beau attendre, je ne vois que mines perplexes, comme cherchant ce qui vaut d'être montré, qui contemplent mon tableau. Saisi d’un doute, je me retourne. Catastrophe ! Elle a disparu ! Ne restent plus que les pavés mouillés et la porte éblouissante. En gros, de ce qui faisait la réussite de la peinture, il ne reste rien… nada. Je suis abasourdi.
— Je te savais fêlé, mais là… Tu ne touches plus jamais à mes enfants !
Je ne trouve même pas la force de répondre, encore moins d’agir, et je la laisse s’en aller. Je ne sais plus si j’ai rêvé tout ça ou non, finalement.


Dans un coin, il s’esclaffe à s’en déchirer les poumons. Il vient d’apprendre la nouvelle. Balthazar lui a expliqué ce qui rend si hilare tout le paradis depuis deux jours…
En un autre endroit, Erin raconte pour la énième fois son histoire :
— … N’avait été les oreilles décollées, j’aurais bien laissé son portrait intact, je m’y trouvais plutôt belle. Tout de même, il a réussi à confondre de ma couleur de peau – qui jusqu’à preuve du contraire et comme vous le voyez est noire –, à ma grâce ! Mais j’ai été surtout surpris qu’il ait vu en moi une femme… Rassurez-moi, depuis toutes ces années que je le crois, je suis bien un homme, non ?

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MessageSujet: Re: Proposition n°3   Mar 3 Oct - 2:04

Inlandsis a écrit:
Aussi loin que je peux me souvenir, j'ai toujours été ici, seul ici. Non, en fait ce n'est pas tout à fait ça j'ai une vague impression qu'avant ça a été différent. Illusions... Je suis seul... Ici...

Ici il fait noir. Il a toujours fait noir. Mais je m'y suis vite habitué. Et puis le noir n'est pas uniforme: quelques grains de lumière ont-ils réussi à se frayer un chemin jusqu'ici? Gris-noir si chatoyants à mes yeux fatigués. Illusions?

Ici c'est petit. Il n'y a pas beaucoup d'espaces mais je n'ai pas besoin de beaucoup d'espace: je suis en sécurité. Il y a eu un temps où ce n'était pas le cas: il fait si noir et je crois que j'avais peur. J'étais terrorisé. Mais j'ai vite compris: dans le noir on ne peut pas me voir. J'y suis en sûreté et j'y suis libre. Je suis maître de ma bulle d'univers. Rien n'y change... jamais, si je ne le décide pas ainsi. Rien ne peut m'atteindre, rien ne peut me faire mal. Je suis le Maître. Je suis le Dieu de ma bulle, ma si petite bulle.

Ici, je suis le prédateur, ultime. Tous tremblent quand j'arrive et je me nourris d'eux. Mais je doit rester raisonnable sinon ils reviennent pas et j'ai faim. Je n'aime pas avoir faim. Je n'aime pas avoir soif non plus. Mais l'eau est toujours là. Jamais elle ne m'abandonne. Elle me berce. Elle me calme. Je suis serein grâce à elle. Elle est tout pour moi. Même si, parfois, elle me fait peur: PLOC... PLOC... PLOC... Elle m'effraie. Elle m'énerve et je la chasse. Heureusement elle n'est pas rancunière et elle revient pour m'apaiser.

Ici il y a l'eau. PLOC...PLOC...PLOC... Elle compte quelque chose mais elle ne veut pas me dire quoi. Alors je redeviens vulnérable. J'ai peur et je me cache. Loin d'elle, dans le noir, caché, en sécurité. Seul et maître de moi-même. Le temps passe à son décompte: PLOC...PLOC...PLOC... Et dans mon coin je suis seul... apaisé.

Ici je suis seul. Je suis seul depuis si longtemps maintenant. L'ai-je toujours été? Je soupçonne qu'il y a autres choses. Mais si quelques chose d'autres existent ce n'est pas ici. Enfin je crois... Suis-je sûr? Suis-je seul? Pour toujours? Est-ce l'Enfer ici? Suis-je le Dieu de mon Enfer?




Aujourd'hui, quelque chose est arrivé. Je chassais et c'est arrivé. C'est apparu et ça me fait mal. Si mal. Noir protège moi! Ne me laisse pas! Pourquoi me laisses-tu? C'est dans le mur. D'abord, ça a été gris puis c'est devenu si clair que ça m'a fait mal. Ca m'a brûlé les yeux. C'est devenu haut et très fin. Puis, doucement, inexorablement, la Chose, mon assaillant, s'est élargie. Alors je me suis concentré: je suis le Dieu de ce lieu! Et Elle s'est arrêté. Elle ne bouge plus. Ma volonté l'a vaincue. Elle campe sur ses positions mais je vais la faire reculer. Elle a abîmé ma bulle. PLOC...PLOC... Même l'eau, ma douce, ma tendre eau, me demande de soigner ma bulle. Je ne peux rien refuser à l'eau. Je vais faire peur à la Chose: Elle partira.

J'approche doucement mes griffes. Je la touche presque. Elle n'a pas bougé. Je suis le Dieu de la bulle: SORS D'ICI! Elle reste stoïque. J'avance ma patte. Quelle étrange sensation... C'est doux et agréable. C'est... je connais ça... Oui on appelle ça de la chaleur. Ca doit être agréable d'avoir tout son corps dans cette chaleur. Si j'approchais encore plus de cette douce chaleur? Non, voyons c'est une ruse! La Chose est intelligente. Je retourne me plaquer dans l'endroit le plus sombre, reste si protecteur de ma bulle. PLOC... PLOC... Je dois faire quelque chose... Je m'endors.

Lorsque je me réveille la Chose est toujours là. Elle n'a pas bougé. Je vais veiller: je serai plus patient qu'Elle. Je vais attendre et Elle finira par baisser Sa vigilance et alors j'agirai Elle n'aura plus le choix: Elle me reconnaîtra comme le seul et unique Dieu de la bulle! Elle essaie de m'amadouer avec Sa douce chaleur mais je ne suis pas dupe! Elle ne peut qu'échouer: je La vainquerai! Je suis fatigué mais la Chose aussi: Elle a perdu de l'intensité. Sa vigilance faiblit! C'est le moment d'attaquer...

Je contracte mes muscles et bondit vers Elle. Elle ne me présente aucune résistance: Elle capitule. Non, Elle est plus rusée que ça: Elle m'entoure à présent. Elle essaie de m'attirer vers Elle, en Elle. Je ne bouge plus, je me maîtrise totalement. La Chose, cette exécrable Lumière oui c'est ce mot là Lumière rien que de le dire j'en ai mal à tous les sens. Je vais la vaincre: Elle n'a aucune chance contre moi. Déjà j'ai compris: Elle possède une source loin vers le haut. Je vais m'enfoncer en Elle, je vais La tromper et je vais la vaincre.

Alors, doucement, inexorablement, je copie Sa façon: je pénètre en Elle comme elle a pénétré ma bulle. Mais Elle n'a personne pour La défendre. Elle ne peut m'opposer aucune résistance. Je passe donc à l'attaque. Elle m'entoure et pourtant je suis fort. J'étends mes ailes. J'arrache de mes griffes des estafilades au sol. Et je m'élance vers Sa source. Je vais éteindre cette lumière lui faire payer Son intrusion dans Ma bulle. Je ne retourne vers ma bulle pour me donner le courage pour assurer ma détermination.

Derrière moi, ma bulle s'est transformée en un gouffre béant. Si noir... J'ai peur. Elle m'effraie. C'est la Chose qui fait ça. Ma bulle est la sécurité. Ses ténèbres sont ma protection. Je suis terrorisé. Je dois fuir cette noirceur: cette parcelle de ténèbres dans l'aube chatoyante de ces lieux. Ma bulle... Adieu... La Chose t'a changée mais je conserve ton souvenir en mon coeur. J'accélère. Mes yeux pleurent je suis obligé de les fermer. Je ne vois plus rien à nouveau les ténèbres...




J'ouvre les yeux. Les Siens sont penchés sur moi. Ils contiennent tant: soulagement, bonheur, ... Elle me sourit... Je t'aime...

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MessageSujet: Re: Proposition n°3   Mar 3 Oct - 2:05

Elodie a écrit:
Le dernier homme

Le dernier homme se réveilla dans un endroit sombre, froid et humide. Son corps nu tremblait et souffrait de mille maux diffus. Il releva la tête et aperçut une porte donnant sur une lumière aveuglante.
Que s’était-il passé ? Où était-il ? Tout était confus en lui. Il se souvenait vaguement d’une histoire de fête, de commémoration ou… Tout était si lointain ! Une certitude cependant naquit en lui : il était le dernier. L’autre était mort récemment et il ne restait plus d’homme à part lui, sur Terre ou ailleurs.

Il se trouvait bizarre, étranger à lui même. Un haut le cœur le secoua et il vomit une bile jaune qui fut absorbée par le sol imitant la pierre. Il se sentit un peu mieux ensuite et pu se relever. Il se dirigea vers la porte, espérant trouver un peu de chaleur de l’autre côté car ses mains et ses pieds étaient glacés.
Aveuglé par la lumière il ne distingua rien au premier abord, juste cette blancheur agressive. Mais il faisait chaud dans cet endroit et il attendit que ses yeux s’accoutument peu à peu. Enfin il put contempler une pièce assez grande et meublée sobrement. Une grande baie vitrée occupait le pan de mur en face de lui. Quelque chose lui sembla étrange mais il ne sut dire quoi. A l’extérieur en tout cas il faisait nuit et il n’y avait pas grand chose à distinguer. Son regard se reporta à l’intérieur. Il y avait là tout le confort d’un salon moderne.

Mais que faisait-il là ? La question se remit à l’obséder. Il s’installa dans un fauteuil et essaya de rassembler ses idées. Alors qu’il allait se prendre la tête entre les mains, il sursauta. Ses mains ! elles n’étaient plus aussi ridées ! En fait tout son corps avait rajeuni. Ainsi on avait tenté l’expérience sur lui ! A cette idée il frissonna, bien que son corps se soit réchauffé depuis son réveil.
On l’avait régénéré, et c’était sûrement pour cela qu’il se sentait si bizarre et que son estomac avait fait des siennes. Et il y aurait sûrement encore beaucoup d’effets secondaires perturbants, la technique étant loin d’être au point. Il ne put aller plus loin dans son raisonnement, quelque chose dehors l’avait interpellé.

Une lumière s’était faite et une silhouette humaine semblait s’approcher. Et c’est à cet instant qu’il comprit. Ce qu’il avait devant lui n’était pas une baie vitrée mais un écran tridimensionnel de dernière génération. Et ce qui l’avait gêné la première fois qu’il l’avait contemplé, sans pouvoir mettre l’accent dessus, était qu’il n’y avait pas de reflet de la pièce comme sur une vitre normale. Comment était-il passé à côté d’une telle évidence ? Sûrement que son esprit était encore embrumé par la régénération. L’imitation de la réalité était sinon quasi parfaite.
Cela soulevait d’autres questions. Qu’y avait-il derrière cette paroi si ce n’était pas l’extérieur ? Qui se trouvait derrière ? Elles sans doute, mais pourquoi ? Qu’allaient-elles lui faire ?
Se sentant observé, il se réfugia derrière un canapé pour ne plus être visible depuis la fausse baie vitrée. Là il se tapit, l’esprit tourmenté par une multitude de questions et d’angoisses et le corps reprit de hauts le cœur.

ligne


Dans la grande salle de contrôle quasi vide, Hellena regardait la vidéo de l’homme. Le dernier. Celui qu’il fallait préserver pour le donner en exemple aux générations futures. Bientôt il reprendrait un comportement normal, il se ferait à sa situation.
On avait longtemps hésité avant de le régénérer mais il était en bout de course et le Comité avait décidé de ne pas prendre de risques. Il y aurait des conséquences à cette intervention mais c’était toujours mieux que de le perdre. Et aucune femme n’aurait accepté de se faire féconder pour mettre au monde un nouveau mâle, en attendant que la technique soit vraiment au point.
Maintenant les images de l’homme unique étaient diffusées partout sur Terre et serviraient à l’éducation des jeunes filles. C’était une relique d’un temps révolu. Ainsi le Comité espérait éviter aux femmes de retomber dans le piège de la vie sexuée. La compétition était quasi effacée du monde, ainsi que les pires violences. Un nouvel équilibre s’était installé qu’il ne faudrait pas briser.

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Dernière édition par le Mar 3 Oct - 2:08, édité 1 fois
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Elodie
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MessageSujet: Re: Proposition n°3   Mar 3 Oct - 2:07

Solstice a écrit:
Sur le pas de la porte, mon coeur s'est arreté. Je la vois me jeter tous ces mots à la figure. Je n'y fait pas attention. J'attends. Je reste là, à m'interroger. En vaut elle la peine?
Elle me dit qu'elle ne veut plus me voir, plus l'entendre. Il parait que je lui ai fait mal. Elle n'a pas compris. Elle ne veut pas comprendre. J'essayais juste de lui faire toucher le fond de la piscine pour qu'elle remonte enfin à la surface. Mais elle s'était bloqué. Elle était en train de se noyer. Elle tiens à y rester.
Mais je ne veux pas comprendre. Les larmes qui coulent brouillent ma vue. Je refuse de partir, je perd ma dignité, me déshabille de mes carapaces et ouvrent mon coeur.
"Je t'aime."
Elle reste sourde à ces appels et me déstabilise avec des "c'est mieux pour nous deux", "je n'ai plus de sentiments pour toi" voir encore " trouve toi quelqu'un qui te convienne".
Je la regarde et je souris, d'un sourire jaune. Elle avait reproché à son ex de l'avoir balancé comme celà et aujourd'hui, elle faisait exactement la même chose. Peut être que ça valait mieux pour nous deux, mais c'était mon histoire, autant que la sienne.
Elle me demande de la haïr, je n'en ai même pas la force. Je ne veux pas lui faire ce plaisir. Suite à ce cri désespéré de "reste, je t'aime" s'ensuit la résignation.
"Dégage alors."
J'ouvre la porte. Je l'ai déjà oublié. Ce n'est pas la première de nos disputes, mais cette fois ci, je ne ravalerai pas ma fierté: qu'elle vienne ramper devant mes pieds et je la piétinerai.
"C'est toi qui ne veux plus me voir, alors c'est toi qui sors."
Et là c'est elle qui me lance ce regard haineux. Mon côté sadique ressort. Ma douce vengeance, c'était ça. Pourtant elle refuse de tout quitter juste à cause de moi. Elle claque la porte.
Le train de vie reprend à nous ignorer dans cette maison. Hélas, la voir sourire et pavaner, sans aucune tristesse, me remplit d'amertume. Surtout ne pas la haïr, elle ne le mérite pas.
Je décide de partir, mais lorsque je tourne la poignée, je me trouve nez à nez avec une ancienne amie. Elle se jette dans mes bras et m'empèche de m'en aller, venant juste d'arriver. Cependant je suis prudent, et je reste sur le pas de la porte, près à déguerpir, quoique j'ai opté de rester, ne serait ce que pour la faire chier.
Je ne quitterai pas tout pour toi. Tu ne vaux même pas mon dédain ni ma pitié.
Dire que si je n'avais pas tenté de la faire sortir de son merdier et que je n'avais pas remarqué qui elle était réellement, je serai toujours sous son joug. J'ai honte de moi même.
Et lentement, j'oublie...

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