Plumes d'Anges

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 Proposition n°5

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Elodie
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MessageSujet: Proposition n°5   Mer 24 Jan - 0:35

Je vous propose un logorallye. Mais c'est quoi cette bête ? diront certains.

Il s'agit d'utiliser dans votre texte des mots imposés. Le thème du texte est donc totalement libre du moment que vous utilisez ces mots.
Pour corser la difficulté vous pouvez essayer de les caser dans l'ordre donné mister red

J'ai pris les mots dans divers bouquins, en les ouvrant au hasard. study

Voici donc la liste de mots imposés :
- Mer
- Hydropote
- Coïncidence
- Chaînes
- Inscription
- Gamin
- Encrier


Désolée pour l'hydropote, ça m'apprendra à avoir une encyclopédie des animaux dans ma bibliothèque ange lol!

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MessageSujet: Re: Proposition n°5   Mer 24 Jan - 0:36

Nobuko a écrit:
Un hydropote sur la plage...


Les deux enfants courraient à perdre haleine sur la plage déserte. La mer faisait aller ses vagues en un incessant va et vient, emportant le sable dans son manège naturel.
Les gamins de tout juste dix ans étaient en vacances dans cette région très célèbre du sud de la France, et avaient pris l’habitude de venir tous les soirs faire une course sur la plage.
Ils partaient depuis le phare qui se trouvait sur une avancée de béton, jusqu’aux gros rochers qui se étaient de l’autre côté.
A mi chemin, David, un petit blond en chemise blanche et short bleu, s’écroula littéralement sur le sable, mort de fatigue. Stéphane, plus grand de taille mais blond lui aussi, avait couru un peu plus longtemps que son ami et était de se fait un peu plus en avant. Il fit demi tour et rejoignit David.

- Bah alors, déjà crevé ? demanda t’il.
- Ouais… j’en… peux… plus, répondit l’autre blondinet avec une respiration saccadée.
- D’toute façon t’es qu’un hydropote ! s’exclama Stéphane en s’écroulant à son tour à coté de son camarade.
- Un… hydro... quoi ?
- Hydropote !
- C’est quoi s’te bestiole ?
- J’sais pas mais t’y ressembles en tout cas !

Les deux garçons se regardèrent puis éclatèrent de rire ensemble.
Ils se relevèrent et s’assirent en tailleur sur le sable chaud et humide.

- Ma grand-mère elle a un vieil encrier, raconta David. Elle l’a de quand elle était petite et j’ai essayé d’écrire avec mais c’est vachement dure !
- Tu parles d’une coïncidence, dit Stéphane en se tapant sur le genoux. Ma grand-mère aussi elle a un encrier, mais par contre j’ai jamais essayer de l’utiliser. Ca fait comment ?
- Bah c’est pas évident de prendre l’encre dedans, puis de le mettre sur la plume et tout.

Sur l’horizon, le soleil commençait à se coucher lentement et la lumière du jour laissait petit à petit sa place aux ténèbres de la nuit naissante.

- On devrait renter, dit David d’un air un peu inquiet. Sinon nos parents vont gueuler.
- Ouais, bonne idée !

David se leva et aida son ami à se relever.
Les garçons quittèrent rapidement la plage et empruntèrent le chemin de terre qui menait vers la maison, qu’avaient loués en communs leurs parents respectifs. Au loin se dessinaient de hautes montagnes dont les sommets étaient encore enneigés, ce qui était assez exceptionnel en pleine été.

- J’aimerai bien aller sur les chaînes là-haut ! fit David d’un ton excité.
- On dit pas les chaînes mais la chaîne, rectifia Stéphane. C’est la chaîne de montagne !
- Ouais on s’en fou c’est pareil !
- Y’a des inscriptions pour faire des randonnées là haut s’tu veux ! expliqua Stéphane.
- Pour vrai ? s'écria David en souriant de toutes se s dents.
- Ouais, c’est un copain à mon père qui fait ça avec son association, j’l’ui demanderai si y’a encore de la place.
- Trop cool, t’es vraiment un pote !

Les enfants se mirent à rire de nouveau. L’été commençait bien pour eux…

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MessageSujet: Re: Proposition n°5   Mer 24 Jan - 0:37

Solstice a écrit:
Le Coréen


Le jeune homme fixait la mer. Il repensait à ce qu'il était avant, en Corée... Avant que son père l'enlève à sa mère pour le ramener ici, en France. Il se rappellait les dîner où toute la famille était réuni autour d'un bon hydropote cuit à la broche, et que tout le monde s'entendait bien. Mais aujourd'hui, il n'était plus qu'un Coréen parmi des millions de Français, un petit Coréen perdu dans un port de Marseille. Son père était mort en lui léguant comme bien tout juste assez d'argent pour vivre.
"Où pour rentrer chez toi." lui indiqua la voix dans sa tête.
"Je t'ai dit de ne plus jamais me parler !" s'exclama la Coréen.
Si quelqu'un était passé par là, on l'aurait pris pour un fou. Mais il était seul sur cette plage, en pleine nuit, et la petite voix dans sa tête le savait.
"Mais réfléchit donc ! Ce n'est pas qu'une coïncidence s'il t'as légué juste le prix d'un billet d'avion pour la Corée, tu le sais bien.
-Pourquoi veux tu que je retourne dans ce pays ? Revoir mon enfance qu'il m'a volé."
La voix resta muette à cette réponse. Le coréen pensait avoir gagné et entama le chemin jusque chez lui.

Il marchait d'un pas actif, comme pour fuir quelqu'un. Marseille en pleine nuit, ce n'était pas ce qu'il existait de mieux niveau sécurité, et il le savait bien. Il commença à se maudire de son inconscience lorsqu'il entendit des bruits de pas derrière lui. Il fit comme si de rien n'était et accéléra sa marche. A la fin il se mit à courir et se retrouva en deux secondes plaqué au sol.
"Où tu comptes filer comme ça ?" l'interrogea son agresseur.
Il se sentit tiré en arrière et soulevé par le col. Un homme aussi grand que large le portait tandis qu'un plus mince fouillait ses affaires. Le coréen n'avait rien de valeur alors il attendit patiemment.
"Et Jack, regarde sa chaîne."
Le jeune homme sursauta et mis une main protectrice sur son poignet portant le bijou de sa mère. Le seul souvenir qu'il possédait d'elle. Quelques minutes plus tard, il était alllongé sur le bitûme, sans son présent. La voix dans sa tête se moqua de lui et il éclata en sanglot.

"On m'a volé une chaîne. Je viens porter plainte."
Le policier fixa le coréen droit dans les yeux et prononça un discour qu'il semblait connaître sur le bout des doigts.
"Pour l'inscription, remplissez ces papiers et aller les donner au monsieur assis la bas. Votre assurance vous alors ce qui a été volé."
"Mais c'est un bijou de famille, mon dieu ! Je ne veux pas de votre fric, je veux ma chaîne." Hurla-t'il.
Il savait qu'il avait une réaction de gamin, mais il n'avait plus vraiment grand chose à perdre. Il se fit mettre dehors en quelques secondes. Il avait envie de frapper quelqu'un mais il serra les poings et les dents. Il partie prendre une choppe de bière au bar de l'Encrier.
"Je pense que j'ai gagné."
Le Coréen répondit, sur un ton défaitiste.
"Toute ma vie n'a aucun sens, un peu plus, un peu moins..."
Et il partie prendre un billet pour la Corée, afin de revoir sa mère.

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MessageSujet: Re: Proposition n°5   Mer 24 Jan - 0:39

Herdé thébyor a écrit:
LUNE D'AUTOMNE



De loin en loin s'ourlent des vagues argentées
La mer berce sombrement ses anges déchus
Navires engloutis, parmi des tylenchus,
Noyés dans l'abysse, leurs ventres déchirés.


Amoureuse, caressant une riviére
Jalouse de par sa source d'accointances
Mythifiante coïncidence de confidences
Couvrant de clair-obscur un dernier tourne-pierre


Reine de beauté éclaboussant l'image
Luisante au ciel sans soleil ni nuage,
Qui envoûte le brame d'hydropotes en rut


L'inscription des chaînes dans ce grand encrier
Horizon gamin de montagnes appariées
Trempe ma plume et ses anacoluthes.

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MessageSujet: Re: Proposition n°5   Mer 24 Jan - 0:42

Inlandsis a écrit:

Assis sur le quai, je regardais les vagues se brisaient doucement contre les obstacles mobiles ou non du port. Aussi loin que je me souvienne j’ai toujours été fasciné par la mer. C’est donc tout naturellement que mon destin a été celui de navigateur. Bien sûr ce n’était pas ce que mes parents prévoyaient pour moi. « Le métier des moins que rien ! Des « Sans talents » ! » affirmaient-ils haut et fort. Ils avaient raison d’ailleurs les métiers de la mer étaient réserver aux fous et aux sans talents, ceux qui ne possédaient aucun glamour, ceux qui compensaient ce manque par une soif inextensible de découvertes ou de mort. « Si cette vie est triste la prochaine sera belle » Telle est leur devise. Pour ma part c’était différent, je n’avais pas choisi la mer c’est elle qui m’avait choisi peu importe que je possède un glamour ou pas. Voyant mon inclinaison pour les ondes, mes parents m’avaient toujours empêché de naviguer. Et la première fois que je mis le pied sur le pont d’un navire ce fut pour aller à Niègpour la flamboyante, et son académie de magie. A l’instant où je montais sur le navire je savais que cette sensation m’obnubilerait toute ma vie. Tandis que la nef fendait les flots j’avais libéré mon esprit des contraintes matérielles comme me l’avaient enseigné mes parents. Et pour la première fois je pus projeter mon esprit dans l’immensité bleue de l’océan. Quel choc ! Quelle découverte ! Tant de vies, une telle effervescence ! J’effleurais l’esprit des animaux marins, essayais de déceler l’intelligence en eux. Au début je ne trouvais rien. Puis je sentis un esprit différent. Je cherchais à comprendre toujours béat d’admiration quand ils attaquèrent.
Les Feys renégats sous la direction du tristement célèbre Capitaine Feuille l’Ecarlate passèrent à l’action à une vitesse prodigieuse. Deux choses me dérangèrent et je ne les compris qu’après : tous les pirates ne devaient pas être sans talents et ils n’attaquaient pas par hasard ce navire où je me trouvais. D’ordinaire, les pirates feys ne s’attaquent pas à leurs semblables. Ce sont des électrons libres dans notre société mais un fer de lance pour notre expansion. J’étais toujours plus ou moins perdu dans mes pensées. Je ne m’aperçus pas vraiment de ce qui se passait jusqu’à ce qu’Orchis mon ami d’enfance me secoua. Je regagnais la réalité matérielle pour constater le carnage, le désarroi et la peur autour de moi. Feuille l’Ecarlate nous surplombait. Il me saisit le bras violemment. Pétrifié par la peur, je ne pus esquisser aucun mouvement pour m’échapper de son emprise. Il frappa Orchis qui ne m’avait pas lâché. Celui-ci s’effondra. Il était inconscient une goutte de sang perlait au coin de ses lèvres. Ce fut la dernière fois que je le vis. En y réfléchissant à présent je ne pense pas qu’il soit mort. Ce doit être un puissant Fey à présent. Peut-être le croiserai-je à nouveau un jour. Le pirate m’amena alors sur son propre bateau, si frêle par rapport à celui où je me trouvais que je fus étonné malgré la peur, comment pouvait-on naviguer sur cette coquille de noix ? « Elle ne paie pas de mine mais il n’en est pas de plus rapide » me susurra le pirate à l’oreille, « peut importe ce que tu en penses ». J’étais abasourdi : avait-il lu mes pensées ? Hasard ? Glamour ? Les Feys de la mer ne possédaient aucun glamour c’est ce qu’on m’avait toujours rabâché ! J’étais terrorisé et mon esprit ne raisonnait pas bien. Je décidais de ne plus chercher à comprendre comme je ne comprenais rien. Dans la petite embarcation pirate, deux jeunes Feys étaient tenus en respect par les marins. La peur se lisait dans leurs yeux comme elles devaient se lire dans les miens. Feuille l’Ecarlate me plaça avec les autres sans ménagement. Nous laissâmes derrière nous nos espoirs, nos rêves, notre vie... Rapidement, le bateau qui nous emmenait à Niègpour disparut de l’horizon. C’est alors que nous changeâmes de cap. Je revivais ces heures d’attente, de peur... Qu’allaient-ils faire de nous ?

Je fus tiré de ma rêverie par Feuille qui s’assit près de moi :
- « Toujours plongé dans Sa contemplation ? »
Je ne répondis pas.
- « Prépare-toi, nous avons fini de charger, nous allons enfin repartir. Rester au port est mauvais pour les gars. Contacte El-Kaz. ».
Je me levais et regagnais le pont de la « Brume d’Ecume ». En chemin, je commençais à libérer mon esprit de ses contraintes matérielles. En montant à bord de la Brume, je projetais mon esprit vers les profondeurs. Quelle sensation de liberté ! J’allais m’installer à la proue. Je profitais encore quelques instants de la liberté de mon esprit, prenais des nouvelles de Madame Dauphin qui venait de donner naissance à son premier enfant, je la félicitais. Puis je cherchais le contact familier d’El-Kaz. Je n’eus aucun mal à le trouver. Il était la moitié de mon âme après tout. La connexion mentale était établie.
- « Salut mon hydropote ! »
- « Salut mon aéropote ! me répondit-il avec humour, pourquoi m’appelles-tu toujours ainsi ? Je ne suis pas un mangeur de feuille du dessus ! »
- « Arrête de chipoter mon frère. Je t’ai manqué ? Toi oui en tout cas. Dis voir tu pourrais m’aider à conduire la Brume jusqu’à Niègpour par les Passes d’Eroy ? »
- « Ce n’est pas un chemin facile pour un navire. Mais on les fera passer. Y a de ces petites sirènes à croquer par là-bas on passera les voir ? »
- « Peut être si le Capitaine est d’accord. »
- « Partons je te les présenterais tu devrais tomber en amour mon frère ! ».

Lié mon esprit à celui d’El-Kaz était toujours aussi agréable pour moi. Il était l’autre moitié de moi, celle qui m’avait tant manqué quand j’étais enfant. Je développais la connexion afin d’avoir complètement conscience de mon corps également. Je signifiais au capitaine que j’attendais ses ordres. Et je patientais. Je me reperdis alors dans Sa contemplation. Et mon esprit remonta le temps.

J’étais à bord d’un autre bateau tenaillé par la peur, le froid et la faim. C’était un autre temps. Plusieurs jours durant nous avions navigué. Un matin, les douces fragrances de la terre arrivèrent jusqu’à nous. Sous la chaleur ardente d’un soleil d’été, nous fûmes débarqués. Ils nous conduisîmes enchaînés à travers le dédale des rues d’un petit port plein d’effervescence. Peut être étions nous destinés à être des esclaves : notre situation ne semblait pas émouvoir la population qui incontestablement était Fey. Finalement notre destin n’était pas celui d’esclaves. Nous fûmes conduit à l’écart de la ville, dans une petite crique au milieu des falaises. Nous n’étions pas les seuls à être ici. Nombre d’autres jeunes Feys étaient enchaînés ici. Ce ne pouvait être une coïncidence. Ils nous firent pénétrés dans l’eau. Ils fixèrent nos chaînes aux rochers. Puis partirent après nous avoir précisé qu’ils étaient inutiles de crier, ni même parler entre nous, que nous serions surveillés à toutes heures du jour et de la nuit. Une désobéissance serait punie de mort.
Nous restâmes là longtemps. Combien ? Je ne saurais le dire. Je ne distinguais plus un jour d’un autre. Ils nous nourrissaient quand ils y pensaient. La faim et la résignation remplissaient mon être. Accompagnés de la douleur des premiers jours où le soleil avait attaqué ma peau, ce fut rapidement une compagnie quotidienne. Les moins forts physiquement et psychologiquement mourraient. Je ne laissais mon esprit vagabonder. Bientôt je ne distinguais plus la réalité du monde virtuel que je me créais pour échapper à ma souffrance. Je me souvenais des paysages de mon enfance. Bercé par le ressac mon esprit se détachait de mon corps. Ils ne pourraient jamais le rendre prisonnier. Alors mon esprit plongeait dans les vagues totalement libre et affranchi de ses contraintes. Mon corps se décharnait. Un jour que la faim et la fatigue m’avaient poussé très loin dans mon délire, je m’imaginais être un poisson qui discutait avec ses semblables de la dernière blague sur les crabes. J’entendais vaguement le monde autour de moi : « Nous allons tous les perdre, Capitaine. Je ne pourrais plus les maintenir longtemps ainsi...Avec l’hiver, ils mourront même les plus doués : c’est trop dur pour eux ». Mais nous étions toujours dans la crique enchaînés aux rochers. Je sursautais alors quelque chose de nouveau était dans mon environnement. Au début, je ne m’en étais pas aperçu. C’était trop ténu mais ça avait grandi.
- « Eyh mon frère ! Tu veux pas de cette nourriture devant toi ? Parce que moi elle m’éviterait de partir à la chasse ! »
J’étais dans mon délire j’avais inventé un compagnon : aucun des autres n’avaient désobéi. Et puis la voix était enjouée. Aucun ne pouvait être enjouée. Le soleil avait dû me taper sur la tête me dis-je. Cependant, toutes digressions de la situation était bonne à prendre je décidais donc de répondre, en tout cas d’essayer une réponse. J’essayais d’articuler et de faire sortir un son de ma gorge. Etais-je suicidaire ? Quelle importance j’étais presque mort de toute façon. Je ne pus émettre aucun son audible. J’essayais de bouger. Je reprenais vaguement conscience afin d’essayer d’utiliser ma voix. Ce que je ressentis en premier était la faim. Puis je vis un morceau de pain flotter juste à ma portée. Le destin ne voulait donc pas ma mort : il m’avait prévenu de cette nourriture. Je tendais la main vers le morceau de pain, lentement afin d’être sûr qu’il ne s’agissait pas d’un mirage. Je sentis quelque chose me frôler sous l’eau et lorsque j’allais attraper le morceau de pain. Celui-ci disparut : un quelconque poisson m’avait devancé.
Pendant les jours qui suivirent, rien ne se passa j’essayais de rester le plus conscient possible. Je m’accrochais à ma faim. Ils nous donnaient toujours à boire régulièrement mais la nourriture c’était un autre problème. Je finis à nouveau par perdre pied. Mon esprit quitta encore pratiquement mon corps et la voix enjouée revint.
- « Tu as l’air mal au point mon frère. Je n’aurais pas dû prendre ta nourriture alors je t’en ai apporté. Mange c’est bon. J’espère tu m’en veux pas mon frère »
Dans ma main gauche, je sentis alors quelque chose. Par réflexe, je fermais la main... sur une espèce d’algue.
- « Mange, d’accord j’avoue que c’est pas très bon mais c’est très nourrissant mon frère. »
Je portais l’algue à mes lèvres et commençais à manger. Le goût était horrible. Mais j’avais tellement faim que je n’en laissais pas une miette. Je me sentais rassasié comme jamais auparavant.
- « Merci » essayais-je d’articuler. Aucun son ne sortit de ma gorge cependant la voix me répondit.
- « De rien mon frère, tu m’as laissé me nourrir alors que j’avais faim je te devais bien ça. Dis mon frère tu viendras jouer dans les vagues avec moi ? »
- « Je crains d’être trop faible pour venir jouer avec toi. »
- « Quand tu seras plus fort alors ? Tu promets frère ? »
- « Je ne sais pas si je pourrais mais si je le peux je promets ».
- « Alors El-Kaz être content »
- « El-Kaz ?... »

J’avais pensé mes paroles. Ce devait être mon imagination. Cependant chaque jour, la voix revint et avec elle de la nourriture. Je reprenais des forces et bientôt la faim ne fut plus ma partenaire. J’avais l’esprit plus clair mais je me sentais porté par la mer.
- « Tu as l’air mieux frère ! Tu viens jouer dans les vagues avec El-Kaz ? »
- « Mais je ne peux pas. Je suis enchaîné aux rochers »
- « Quelle chaîne ? »

J’essayais alors de bouger. Plus rien n’entravait mes mouvements. Pourtant les chaînes étaient toujours là.
- « Je suis mort c’est ça ? »
- « Mort ? Pas du tout frère ! Je suis El-Kaz, le merrien qui t’a nourri. Je ne sais pas toi, Fey, mais je me sens mieux depuis que je te connais... comme entier. C’est pour ça que tu es mon frère »
- « Un merrien ? Je croyais que les merriens étaient légendes. Mais je suis comme toi El-Kaz. Je suis toi... et tu es moi. »
- « Libres »

Après les épreuves que j’avais endurées j’étais prêt à accepter n’importe quoi. J’avançais alors dans les flots prêts à plonger dans les vagues.
- « Mais... y en a un de détacher. Il faut prévenir le capitaine ».
- « Protège moi, douce mer, protège moi »
- « Viens avec moi Frère. Jouons avec les vagues ! »


- « CAPITAINE ! »
Je regagnais le présent un sourire sur les lèvres. El-Kaz était mon frère, mon ami, l’autre moitié de moi depuis ce jour-là. On ne s’était plus quitté. Le capitaine était revenu vers moi. Il portait un parchemin qu’il me montra. C’était une carte qui représentait la côte depuis les Passes d’Eroy jusque Niègpour. Il me montra une inscription dans le bas du parchemin. Je la lus. Il s’agissait d’une comptine qu’on chantait aux enfants feys pour les endormir.
- « Ecoute Gamin, commença le capitaine, nous allons à Niègpour parce que c’est là que ceci nous mènes. Il s’agit d’un code pour trouver l’emplacement du trésor de la comptine. Nous y allons je tiens à te le dire tout de suite pour que tu trouves la signification du code à l’Académie de Magie. Parce qu’il manque un ouvrage à la Bibliothèque Interdite et la réponse est dans cet ouvrage là. Tu es le seul qui pourra y pénétrer car tu es un jeune. Je compte sur toi. A présent guide-nous, Gamin. »
Je ne répondais pas. Il saisit de l’eau dans un seau près de moi et en aspergea la carte. La comptine disparut et à sa place figurait le nom d’un livre.
Tous les pirates sont à la recherche d’un trésor et j’étais l’un d’eux à présent, depuis que j’avais saisi la plume dans cet encrier des années auparavant après que Feuille l’Ecarlate m’ait enlevé, affamé, recueilli, entraîné. Après qu’il m’ait fait découvrir mon glamour, et comment l’utiliser. J’avais appris bien plus que les faibles moyens financiers de mes parents n’auraient pu me permettre d’apprendre à l’Académie de Magie dans la Bibliothèque Interdite, grâce à lui. Je vivais la mer, grâce à lui. Il était mon mentor, un deuxième père en quelques sortes. Ce trésor me fascinait depuis que je connaissais la comptine.
- « El-Kaz nous partons. Allons au devant de notre destin »
L’étrave commença de fendre les flots. Je vivais libre comme jamais.

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